L’autre campagne
août 22, 2008
Irene Grootboom est morte au début du mois d’août, dans un hôpital de l’agglomération du Cap. Son nom était entré dans la mémoire collective de la « nouvelle » Afrique du Sud à la fin des années 1990. Cette jeune femme occupait alors une baraque faite de bric et de broc, dans un camp de squatters. Menacée d’expulsion, elle avait porté son cas devant la Cour constitutionnelle. Irene Grootbom revendiquait en effet le droit de pouvoir rester sur ce terrain et soutenait également que la municipalité se devait de lui fournir l’accès à un certain nombre de services élémentaires (eau, électricité, sanitaires, etc.). Dans un arrêt « Grootboom contre municipalité du Cap », les juges confirmeront la valeur constitutionnelle du droit au logement. Mais plus encore, ils affirmeront que « la dignité humaine, la liberté et l’égalité – valeurs sur lesquelles se fonde la société (sud-africaine) – sont niés pour ceux qui n’ont ni nourriture, ni vêtements, ni toit. Garantir à tous des droits socio-économiques est [dès lors] le seul moyen de permettre la jouissance des autres droits ».