Le vice et la vertu ?
février 23, 2009
C’est finalement le 22 avril prochain que se tiendront les élections générales en Afrique du Sud. De ces élections (à la proportionnelle) sortira une nouvelle assemblée, appelée à son tour à choisir dans ses rangs le nouveau président de la République. Si du côté de l’ANC et de la Democratic Alliance, les noms des deux candidats sont connus depuis plusieurs mois (Jacob Zuma pour la première formation, Helen Zille pour la seconde), ce n’est que ce week end que le Congress of the People (Cope), parti fondé au début de cet hiver par des dissidents ANC, a officiellement désigné son porte-drapeau.
Alors que de nombreux observateurs s’attendaient à ce que cette étape mette au jour les rivalités qui minent déjà cette jeune organisation, et notamment celle qui opposerait en coulisse Mesiuoa Lekota (président du Cope) et Mbhazima Shilowa (vice-président), c’est finalement un homme a priori peu rompu aux usages du champ politique qui devrait porter les couleurs du parti dans la course présidentielle : Mvume Dandala.

Mvume Dandala, candidat du Cope à la présidence de la République d'Afrique du Sud
Jusqu’à présent évêque de l’église méthodiste d’Afrique du Sud, Mvume Dandala bénéficie d’une certaine notoriété dans la société sud-africaine. Proche du United democratic Front dans les années 1980, il est intervenu à plusieurs reprises pour mettre un terme aux violences qui divisaient la population des townships du Gauteng lors des dernières années de l’apartheid.
Proche de l’ancien président Thabo Mbeki, même s’il n’a pas hésité en 2003 à co-signer une lettre ouverte à ce dernier dans laquelle il lui reprochait de ne pas permettre la distribution de neviparine aux femmes enceintes et malades du sida, Dandala apporte avec lui avec certain nombre de ressources symboliques au Congress of the People.
Il cultive en effet une image de “modéré”, susceptible de séduire ces classes aisées et majoritairement blanches vers lesquelles lorgne la direction du Cope. Il jouit par ailleurs d’une réelle popularité dans sa province d’origine, l’Eastern Cape, bastion traditionnel de l’ANC. Mais surtout, Dandala apparaît comme l’anti-Zuma. Alors que l’horizon judiciaire de ce dernier est loin d’être dégagé (Zuma devrait en effet être de nouveau sollicité par les juges en août, quelques mois après sa probable élection), les dirigeants du Cope mettent actuellement l’accent sur la “probité” de leur nouveau candidat. Il incarnerait même, à en croire l’un d’eux, les mots d’ordre du parti : “Famille, travail, honnêteté”.
C’est donc sur le terrain de la “compétence” morale que les militants du Cope devraient essayer d’entraîner le débat politique dans les semaines à venir. Il est vrai que leur programme économique, empreint de “néolibéralisme” et favorable au maintien des orientations très contestées définies durant les années Mbeki, ne leur permettait guère de briller dans le contexte actuel.