Zuma président
mai 9, 2009
C’est aujourd’hui, le samedi 9 mai, que Jacob Zuma est officiellement devenu, à 67 ans, le 4e président de l’Afrique du Sud démocratique, après Nelson Mandela (1994-1999), Thabo Mbeki (1999-2007) et Kgalema Mothlante (2007-2008). Le leader de l’ANC a en effet prêté serment ce matin, à Union Building, la résidence de l’exécutif, trois jours après son élection par la nouvelle Assemblée nationale.
Le scrutin du 22 avril, dont est issue cette assemblée, a certes vu l’ANC conforter son hégémonie électorale mais il a également confirmé la consolidation d’une opposition. Avec 65,9 % des suffrages exprimés et 264 députés (sur les 400 siégeant à l’Assemblée), le parti de Zuma demeure le centre du système politique post-apartheid. Cette victoire est d’autant plus légitimante que le taux de participation est particulièrement élevé (même si le nombre de Sud Africains non inscrits sur les listes électorales reste important) : 77 % des électeurs inscrits se sont en effet déplacés dans les bureaux de vote , dont certains n’ont fermé leurs portes que tard dans la nuit du mercredi au jeudi afin de permettre aux longues files d’attente de se résorber.

Prestation de serment de J. Zuma, Union Building, Pretoria (DR: Oupa Nkosi)
Pour autant, l’ANC est en recul par rapport au score réalisé en 2004 (69,69 % des suffrages exprimés), ce qui se vérifie dans 8 des 9 provinces que compte le pays. Les résultats du parti ne sont en hausse que dans le KwaZulu Natal, où il semble avoir définitivement terrassé l’Inkhata (IFP), le parti à dominante zoulou (alors qu’il avait recueilli plus de 1,8 millions de voix dans cette province en 1994, lors des premières élections démocratiques, l’IFP ne rassemble aujourd’hui pas plus de 780 000 électeurs sur ses propres terres).
Mais c’est certainement l’opposition qui, sans atteindre les scores que lui prédisaient certains sondages, tire son épingle du jeu.
La Democratic Alliance (DA) emmenée par Helen Zille, la maire de Cape Town, rassemble ainsi plus de 16,6 % des suffrages(soit 67 députés), contre 12,37 % en 2004. Longtemps campé en “parti des Blancs” (qu’ils soient “conservateurs” ou “libéraux”), la DA remporte surtout haut-la-main la Province du Cap Ouest, la seule dont le gouvernement échappe à l’ANC.

Helen Zille, leader de la Democratic Alliance
Le Congress of the People (Cope), né d’une dissidence ANC à la suite de la démission forcée de Thabo Mbeki à l’automne 2008, a pour sa part réussi à convaincre 7,42 % des électeurs qui sont allés voter. C’est évidemment moins que les 50 % que souhaitait crânement son leader, l’ancien ministre de la Défense Lekota, mais c’est toujours plus que ce que laissait présager la campagne atone et brouillonne de ses dirigeants. Ses 30 députés lui permettront en outre de résoudre, pour un temps au moins, les graves difficultés financières qu’il rencontre actuellement.
Au-delà de ces trois partis, l’Assemblée continue, aidée en cela par le scrutin proportionnel, d’accueillir un nombre relativement important d’organisations représentant moins de 1 % des suffrages. Huit des 13 partis représentés au niveau national n’ont en effet pas plus de 4 députés.